Le syndrome de la plume rapide

Peut-être que, comme moi, vous avez le syndrome de plume rapide. C’est-à-dire qu’une idée, une envie, un lieu, un personnage ou une scène émerge de votre cerveau comme le préambule d’une nouvelle histoire. Elle vous tient, vous obsède et vous élaborez autour en quelques secondes, plus rien n’a d’importance, vous êtes focalisés dessus. Mais la réalité se rappelle à vous rapidement et, pour ne pas oublier, vous vous jetez à corps perdu sur le premier support disponible, papier, ordinateur, tablette, téléphone, pour coucher les premiers mots d’une histoire qui sera forcément fabuleuse. Pendant une ou deux journées, vos pensées sont focalisées sur cet embryon qui pourrait devenir, soyons fou, un best-seller, mais il faut d’abord l’écrire.

Et puis un matin, vous ouvrez votre dossier d’écriture, bien décidé à travailler sur ce nouveau bijou littéraire, délaissant vos précédents… toujours pas finis. Car oui, vous remarquez que dans votre dossier d’écriture, les fichiers s’accumulent, mais leurs tailles, de quelques Ko, sont bien plus éloquentes.

Ce que j’appelle le syndrome de la plume rapide, c’est le fait de commencer de nouvelles histoires sans prendre le temps de finir celles qu’on a déjà pas terminée et qui mériteraient d’être retravaillées. Ce syndrome se retrouve également dans le développement de jeu vidéo. N’importe quel développeur indépendant a sur son pc un dossier archives dans lequel trône, ou plutôt prend la poussière, des dizaines de Game Designs Document, comme autant d’idées jetées à la va-vite puis délaissées pour une autre. Le Junk food de la pensée quoi.

Il y a généralement plusieurs raisons au fait de commencer différents projets littéraires :

  • la page blanche, qui nous pousse à vouloir commencer autre chose
  • des appels à texte dont la date limite d’envoi se situe dans la semaine (pour une nouvelle ou dans le mois suivant pour les romans, avec de la motivation)
  • les Nanowrimo, qui vous lance sur un projet unique d’un mois et vous demande entière dévotion
  • La volonté de changer de style, d’univers ou de personnage.

Ce ne sont que des exemples personnels et ils sont non-exhaustifs. Maintenant qu’on a parlé de ce syndrome, comment le combattre ou plutôt, le canaliser ?

1/Se créer une ambiance de travail

En ce qui me concerne, quand j’écris, j’ai besoin de calme, de silence et d’aucune onde télévisuelle qui pourrait s’immiscer à gauche ou droite de ma vision (au grand dam de ma compagne) et mais aussi de solitude. Pour cette dernière, c’est plus difficile, mais un bon casque peut faire l’effet.

Si je parle de casque, c’est parce que je travaille souvent en musique. C’est là qu’intervient mon idée d’ambiance. En effet, selon le type d’écrits, je vais me rapprocher d’une musique qui pourrait être une bande originale de mon livre (c’est quelque chose d’important pour moi. Si je pouvais composer une B.O pour chacun de mes livres, je le ferais).

Concrètement, quand je travaille sur le Cycle de l’œuf Ombragé ou sur les épisodes de la Geste d’Aerlan, je mets l’OST du Seigneur des anneaux, du Hobbit ou de Skyrim. Bref de la musique épique médiévale. Quand je travaille sur du fantastique ou de la science-fiction, je vais chercher des OST de film ou d’animé de science-fiction (avec une nette préférence pour Ghost in the Shell.)

C’est bien beau tout ça, mais j’ai quinze écrits qui attendent comment je choisis celui sur lequel je travaille ? 15, chez moi le dossier fait plus du double, nouvelles et romans inclus ^^

2/Faire un planning

Il existe de nombreux logiciel ou site internet pour cela. Ce n’est pas forcément évident de s’y tenir, mais vous pouvez planifier sur quel texte vous allez travailler à quel moment de la semaine ou du mois. Cela demande de la rigueur, mais le problème c’est que notre capacité cognitive (que c’est bien dit..), notre imagination, peut ne pas être en phase au moment fatidique de l’écriture.

 

3/Choisir un moment, un texte

Par exemple, si comme moi, vous prenez les transports tous les jours, vous pouvez dédier ce moment à l’un de vos textes pour créer un schéma de répétition qui, à force, vous évitera peut-être la page blanche. C’est une façon de se créer une « ambiance », même si bosser sur un livre dans les transports en commun est souvent délicat. On rejoint ainsi le point numéro 1.

4/La méthode radicale

Cette dernière est simple : vous choisissez un texte et vous le travaillez en délaissant les autres complètement jusqu’à ce que vous ajoutiez les trois lettres libératrices. F-I-N. Ensuite, vous pourrez laisser votre premier jet de côté pendant un bon mois, travailler le premier jet d’un autre projet pour ensuite revenir sur le précédent, le relire, pleurer un bon coup, mais surtout le corriger et l’améliorer.

En ce qui me concerne, j’ai tendance à partir sur la méthode radicale afin de rester concentré sur un seul et même projet. Ce qui ne m’empêche pas d’avoir le syndrome de la plume rapide et de noter quelques idées à part quand elles viennent pour fournir mon dossier « en cours ». Rien qu’aujourd’hui, si je me concentrer sur mes projets en cours, quelques soit leur avancés, je pense avoir au moins 10 ans d’écritures devant moi.

J’espère que ces petits conseils vous aideront à vous organiser sans paniquer et à finir au moins un projet au lieu de changer de l’un à l’autre constamment.

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